Charles Montaland

Biographie — Catalogue

(1910-1985)

L’organiste

Il raconte que tout enfant, il reproduisait au piano les airs qu’il entendait chanter chez lui, ou jouer dans la rue, les harmonisait et s’en servait pour improviser.

À quatre ans, il prend ses premières leçons de piano ; plus tard, élève des Maristes, il tient l’harmonium, chante en soliste, et remplace parfois le chef de la maîtrise.

À quatorze ans, il commence sa carrière d’organiste dans différentes églises des environs de Lyon.

En 1928, il a dix-huit ans, et sur les conseils de Valentin Neuville, qui tient les orgues de Saint-François, il se présente au poste d’organiste de la Chapelle de l’Hôtel-Dieu à Lyon, dont il devient titulaire, poste qu’il conservera pendant 56 ans. La médaille des Hospices Civils de Lyon lui fut attribuée pour cette longue carrière.

Quelques uns de ses maîtres méritent d’être cités :

  •  À Lyon, Marcel Paponaud, dans la classe duquel il obtient le Premier grand prix d’orgue et d’improvisation.
  •  À Paris, Marcel Dupré, organiste de Saint Sulpice, dont il fut l’élève et le disciple pendant 37 ans, et avec qui il eut des liens d’amitié et d’affection, d’une qualité tout à fait exceptionnelle.
  •  Eugène Bigot lui enseigne la direction d’orchestre et Manuel Rosenthal l’orchestration.
  • Plus tard, il travaille la composition avec René Leibowitz.

Le professeur

Après avoir obtenu les trois premiers prix d’harmonie, de contrepoint et de fugue, il assure l’intérim de la classe d’écriture au Conservatoire de Lyon, dont il devient titulaire en 1952.

Ennemond Trillat, alors directeur, lui confie la classe d’ensemble vocal de 1956 à 1964.

Excellent pédagogue, il enseigna avec conviction et humour. Le regretté Patrice Caire, conservateur de l’orgue de l’Auditorium Maurice-Ravel et organiste de Saint-Bonaventure écrit à son sujet :
« Charles Montaland avait un respect total de la personnalité artistique de chaque élève. Il adaptait son enseignement à la sensibilité de chacun, prônant le bon exemple, tirant parti pour notre plus grand bien des anti exemples que nous lui proposions parfois. Il avait le don inimitable de caricaturer au piano les fautes de nos devoirs, ce qui ne manquait pas de susciter notre légitime agacement. »

Chez lui, les élèves qui sont venus apprendre le piano ou l’orgue ont été marqués par son enseignement et sa grande érudition. Avec discernement, il les guidait pour le choix des œuvres et leur donnait les outils nécessaires pour acquérir une technique solide et une bonne interprétation.

Le compositeur

Il a produit une centaine d’œuvres parmi lesquelles on peut citer de la musique vocale, de la musique pour piano, pour orgue, des pièces pour flûte, basson, hautbois, violoncelle, des transcriptions, des harmonisations et des orchestrations.

Recherchant la perfection, parfois trop exigeant envers son travail, il a laissé certaines pièces d’orgue inachevées. Cela ne l’empêcha pas de les donner en concert, car le schéma étant écrit, il en improvisait la fin.

Le chef de chœur et d’orchestre

Entre 1945 et 1948, il assure la direction de la Chorale du Temple de la rue Lanterne.

En décembre 1948, à la demande de quelques amis, il fonde sa propre chorale.

Ce chœur, composé d’une quarantaine de choristes, en comptera, quelques années plus tard, une bonne soixantaine.

Au fil des ans, son répertoire s’agrandit, depuis les chansons populaires, les motets et chansons de la Renaissance, et jusqu’à la Passion selon Saint Matthieu, en passant par :

  • La Messe de Couronnement de Mozart,
  • Le Messie de Haendel, interprété 17 fois
  • De Bach, la Passion selon Saint Jean et la Passion selon Saint Matthieu, la Messe en si mineur, des cantates, des oratorios.
  • Orphée de Gluck,
  • Une Messe brève de Kodàly
  • Le Roi David d’Honegger
  • La Neuvième Symphonie de Beethoven, dirigée par Alexandre Siranossian, directeur du conservatoire de Romans et ancien élève de Charles Montaland.

Deux moments importants ont marqué les trente années d’activité intense de cette chorale :

  • Le Messie de Haendel, avec l’Orchestre Pasdeloup, interprété en 1967, à l’Abbaye de Tournus devant un public de 1 500 personnes.
  • La Passion selon Saint Matthieu, donnée en 1979 à l’église du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon, puis à Clermont Ferrand. Une grande réussite.

En effet, exécuter cette œuvre monumentale avec une chorale d’amateurs était une gageure, mais Charles Montaland allait jusqu’au bout de ce qu’il entreprenait. Sa forte conviction et son dynamisme, qui poussaient ses choristes à se surpasser, se communiquaient à son auditoire fervent et enthousiaste.