O vos omnes et lamentations – Concert Grand Temple de Lyon, 20h Samedi 12 mars 2016

/ Concerts

 O vos omnes

  ô vous tous qui passez
  voyez s’il est une douleur telle que la mienne
  chœurs de lamentations a cappella et avec orchestre

  Grand Temple de Lyon (quai Augagneur, 69003), samedi 12 mars 2016, 20 h

  Avec la collaboration de l’orchestre à cordes de l’Association des musiciens amateurs dirigé par Florian Caroubi

 

  • Nymphes des bois, la deploration de Jehan Ockeghem de Josquin des Prez (1497)
  • O vos omnes de Tomás Luis de Victoria (ca. 1548-1611)
  • Quis dabit oculis, Trauerode auf den Tod Kaiser Maximilian I de Ludwig Senfl (1519)
  • Heureux ceux qui sont morts d’Ennemond Trillat (1944)
  • Omnes amici mei de Michael Haydn
  • Élégie et Sospiri de Edward Elgar (orchestre à cordes)
  • Two pieces for strings extraites de Henry V de William Walton (orchestre à cordes)
  • « Schauet doch, und sehet », chœur de la cantate 46 de J. S. Bach
  • « Weinen, klagen, sorgen », chœur de la cantate 12 de J. S. Bach

O vos omnes
Ô vous tous qui passez : voyez s’il est douleur pareille à la mienne.
Lamentations de Jérémie, I, 12
Le thème principal de ce concert est la lamentation exprimée dans
le livre biblique de Jérémie et de nombreuses fois mise en musique, à l’occasion de la semaine sainte (celle qui précède Pâques, pendant laquelle les différentes interdictions édictées ont conduit les compositeurs à écrire de la musique exclusivement religieuse et moins instrumentale). Autour de ce texte mis en musique en latin par Victoria et en allemand par Bach, d’autres oeuvres vocales, comme les déplorations pour célébrer la disparition d’Ockeghem ou de Maximilien Ier, et instrumentales, avec Elegy d’Elgar ou l’illustration de la mort de Falstaff par Walton.
Ce qui est commun à toutes ces pièces du xve au xxe siècle, c’est la volonté d’exprimer, avec la plus grande somptuosité de son et d’entrelacs virtuoses de la polyphonie, la douleur ou le regret nés de la disparition : ainsi le plaisir spirituel passant par l’audition naît de cette volonté d’expression de la souffrance intérieure intime.
Nymphes des bois
La déploration de Jehan Ockeghem, 1497
Josquin des Prez
Composée en hommage à son maître et prédécesseur dans la célèbre école franco-flamande de composition, cette pièce entrelace quatre voix chantant le poème de Jean Molinet en contrepoint autour d’une cinquième voix de ténor qui récite le plain chant du requiem grégorien.

O vos omnes
Tomás Luis de Victoria (vers 1548-1611)
Victoria, chantre, organiste et compositeur espagnol, succéda à son maître Palestrina à Rome en 1573. Toute la seconde moitié de sa vie, il exerça ses talents à Madrid. O vos omnes, lamentation pour le samedi saint, fait partie de son office de la semaine sainte publié en 1585.
Quis dabit oculis
Trauerode auf den Tod Maximilian I., 1519
Ludwig Senfl (1486-1543)
Maximilien de Habsbourg, empereur du Saint-Empire à Augsbourg, dernier chevalier du Moyen Âge et premier canonnier des temps modernes, avait prévu pour lui même un monument funéraire constitué de statues de 40 souverains européens, dont Clovis et Arthur. Ludwig Senfl, le compositeur de sa cour, « prince de la musique allemande tout entière », reprend le motet que Costanzo Festa avait écrit cinq ans plus tôt pour la mort d’Anne de France.
Qui donnera à mes yeux une source de larmes pour pleurer devant le Seigneur ?
Germanie, que pleures-tu ? Musique, pourquoi t’arrêtes-tu ?
Autriche, pourquoi en habits de deuil, te consumes-tu de chagrin ?
Hélas, Seigneur, Maximilien nous a quittés ! La joie de nos coeurs a tourné en tristesse, la couronne est tombée de notre tête.
Alors lamentez-vous, jeunes gens, pleurez, vous les prêtres, affligez-vous, chanteurs, nobles, affligez-vous, militaires, et dites : Maximilien, repose en paix.
Heureux ceux qui sont morts
En mémoire des étudiants lyonnais morts pour la libération, 1944
Ennemond Trillat (1890-1974)
Ennemond Trillat, pianiste concertiste, enseigna au conservatoire de Lyon avant d’en prendre la direction en 1941. Compositeur et arrangeur, il écrivit cette ode aux étudiants sur un texte extrait du poème Ève de Charles Péguy, pour la chorale universitaire dirigée par son épouse. Ces vers reprenant la forme des béatitudes symbolisent l’idéal de sacrifice consenti par patriotisme — Péguy étant lui-même mort au front le 5 septembre 1914.

Omnes amici mei
Michael Haydn (1737-1806)
Le frère cadet de Joseph Haydn était maître de concert et compositeur à la cour du prince-archevêque de Salzbourg, puis organiste dans cette même ville. Son catalogue très vaste comprend des offices pour la semaine sainte, dont ce répons pour les matines du vendredi saint, sur des versets de Job, du Psaume 68 et de Isaïe.
Mes proches ont disparu, mes intimes m’ont oublié. Ceux que j’aimais se sont tournés contre moi. À mon pain, ils ont mêlé du poison ; quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre. Et il a été compté avec les pécheurs…

Elegy et Sospiri
Edward Elgar (1857-1934)
Elegy fut composée en 1909, probablement en mémoire de son ami August Jaeger, son éditeur chez Novello. Sospiri a été composé juste avant le début de la Grande Guerre, en 1914. Il est dédié à son ami W. H. Reed, violon soliste du London Symphony Orchestra.

Two Pieces for Strings
from the film music Henry V, 1944
Willian Walton (1902-1983)
Walton, compositeur anglais, signe la musique du film shakespearien de Laurence Olivier. La première pièce illustre la mort de Falstaff. La seconde, comme une valse triste, est un chant d’adieu.

Schauet doch, und sehet
Choeur de la cantate 46
Johann Sebastian Bach (1685- 1750)
Cette cantate, composée pendant la première année à Leipzig, reprend intégralement le texte du O vos omnes, en allemand. Elle fut jouée la première fois le 1er août 1723.
Weinen, klagen, sorgen, zagen
Choeur de la cantate 12
Johann Sebastian Bach (1685- 1750)
Première cantate de la période de Weimar, créée par Bach le 22 avril 1714 dans la chapelle ducale du château de Weimar, sur un tete de Salomon Franck, poète de cour officiel.
Les pleurs et les lamentations, les tourments et le découragement, l’angoisse et la détresse, voilà le pain noir des chrétiens qui portent le fardeau de Jésus.

Nous remercions les instrumentistes avancés qui sont venus nous renforcer aujourd’hui :
Virgile Guglielmi, Juliette Leroux, violons
Toinon Lambert, alto
Florian Humpeldink, violoncelle
Benjamin Coutarel, Pascaline Monjanel, flûtes à bec alto
Florian Caroubi, clavier