Missa choralis de Franz Liszt, Ricercars de Palestrina – Église Saint-Pothin, Lyon Dimanche 5 octobre 2014

/ Concerts

Ricercar Secondo Tono G. Pierluigi da Palestrina
Canzona Le Petit Jacquet A. Gabrielli
Ricercare Terzo Tono G. Pierluigi da Palestrina
Cento Partite sopra la pasacaglia G. Frescobaldi
Missa choralis Franz Liszt
Jeannifer Vera Martinez, orgue
Ensemble vocal Charles Montaland direction Jean-Christophe Michel

 

Ricercars
Giovanni Pierluigi da Palestrina
Canzonna
Andrea Gabrieli

Cento Partite sopra la pasacaglia
Girolamo Frescobaldi
Lors de ses rencontres à Rome, en particulier lors de ses visites de la basilique Saint-Pierre et de la chapelle Sixtine, Franz Liszt fut fasciné par la musique de Palestrina et le plein chant.
Il lia une amitié personnelle avec le pape Pie IX pour qui il donna des récitals privés à la fois au Vatican et dans sa résidence d’été du château Gandolfo. Aussi en ces occasions le pape Pie IX le surnomait-il « mon cher Palestrina » !
L’influence de Palestrina (ca. 1525-1594) fut incontestablement très grande dans toute l’histoire de la musique et nous vous proposons de l’illustrer avec des pièces italiennes d’Andrea Gabrieli (ca. 1533-1585) et Girolamo Frescobaldi (1583-1643).
Gabrieli, organiste à Saint-Marc de Venise à partir de 1566, a composé une oeuvre très importante et d’une grande variété, avec de superbes motets à plusieurs choeurs et de magnifiques pièces pour clavier où l’on reconnaît l’influence du génie du contrepoint que fut Palestrina.
Influence que l’on retrouvera également dans les Fiori musicali comme dans toute l’oeuvre du virtuose du clavier que fut Frescobaldi, organiste titulaire à la basilique Saint-Pierre de Rome à partir de 1608.

Missa choralis
Franz Liszt
Après l’échec, en 1860 à Rome, des démarches d’annulation du
mariage de la comtesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein qui auraient permis leur union officielle, Franz Liszt, qui avait quitté ses fonctions de maître de chapelle à Weimar en 1858, se retire de la vie mondaine. En 1862, il entre chez les Franciscains à Rome, où il ne sera ordonné qu’aux ordres mineurs.
La plus grande pièce de cette période est l’oratorio Christus, achevé en 1866 ; le Via crucis (1866) et la Missa choralis (1865) ont été écrits en même temps. Étudiant Palestrina et le plain-chant, Liszt compose pourtant une oeuvre qui se veut simple, sans grandes fugues ni contrepoint et sans vocalises virtuoses pouvant rappeler l’opéra. Le côté dramatique du texte est mis en valeur musicalement de manière à transmettre la communion de Liszt au sens des différentes parties de la messe.
Ses moyens principaux sont les éléments du plain-chant, l’unisson, l’homophonie ; les subtilités de l’expression romantique subsistent dans le rythme – soumis à la diction du texte –, dans l’utilisation d’une grande dynamique, en particulier le fortissimo soulignant les mots ou passages théologiquement importants, ainsi que dans les transitions harmoniques osées — comme la fin du Hosanna, revenant dans une luminosité diaphane au si bémol majeur du Sanctus, alors que dix mesures avant il débutait en si mineur.
En définitive, la Missa choralis est une oeuvre alliant le côté méditatif et réflexif qu’on peut prêter à un Liszt adoptant une vie monastique romaine, à l’expressivité romantique allant parfois jusqu’au brouillage de la tonalité — Vincent d’Indy ne dit-il pas que Liszt lui confia en 1873 aspirer à la « suppression de la tonalité » ?

Orgue : Jenifer Vera Martinez